La violence dans les jeux vidéo
La violence dans les jeux vidéos
Vous avez déjà eu des envies de meurtre en jouant à Oblivion? (à part vis-à-vis du mec qui s’est chargé de la traduction…) Que penser de ce débat qui n’avance pas et qui déchire pourtant régulièrement les familles des joueurs? Sans être un grand fan, je vais quand même me lancer dans l’arène afin de démêler un peu les arguments des opposants.
C’est quoi un jeu vidéo?
J’imagine que personne ne se pose cette question. Même si vous ne vous sentez pas spécialement attiré par les ordinateurs et les consoles, il est probable que vous ayez déjà joué à un jeu vidéo, je vous laisse le soin de vous faire une idée seul. En plus ça risque d’être dur pour vous de comprendre la suite du dossier. Le jeu vidéo est apparu en 1972 avec Pong (enfin il parait que non, en fait...), et depuis cette époque la deferlante de jeux n'a plus cessé, avec toujours plus de technologie à l'appui.
Précisons cependant que je ne parlerai ici que du problème de l’abus de jeux vidéos violents, et pas de l’abus de jeux vidéo tout courts. C’est un autre sujet et pour l’instant je ne me sens pas inspiré (maybe later).
« La vie réelle, c’est déjà du full PVP! »
La violence dans les jeux vidéo est quelque chose qu’on ne peux pas nier. Ça fait un moment que les jeunes ont abandonné les empilements de cubes de couleur pour adopter le M16 et l’épée à 2 mains. Avec les nouveaux jeux de plus en plus réalistes et l’escalade dans le volume d’hémoglobine/minute, nos chers chérubins sont confrontés à la violence, et les parents s’inquiètent. Parce qu’autour de nous, on voit des images de carnages à l’arme à feu dans des lycées américains et allemands, et on découvre après enquête que les meurtriers étaient des gamers insatiables. Est il possible de faire un lien entre leur passion et leur psychose? Voyons un peu ce qu’en disent les amis du headshot.
Premièrement, les jeux des garçons ont toujours été violents. Qui n’a pas joué à la guerre? Qui n’était pas fan de Batman et des super héros parce qu‘ils démontaient la gueule des vilains? Qui n’a jamais frappé ses camarades avec une pelle à neige pour rigoler?Les enfants qui jouent au cow-boys ne peuvent quand même pas être considérés comme des futurs psychopathes en puissance, pourtant ils braquent des banques et sortent leurs pistolets en plastique plus souvent que Chuck Norris lance des coups de pied. On atteint pas la violence des jeux vidéo dans l’image mais l’idée de jouer à se tuer existe depuis un moment sans qu’elle inquiète la plupart des parents.
Ensuite, le cinéma crache aux jeunes autant d’images gores que le jeu vidéo, et pas que les navets d‘horreurs à la sauce sous-culturelle. Que le premier qui pense que Pulp Fiction n’est pas un bon film me jette la première pierre (et se prépare à recevoir un retour de manche de pioche…), pourtant on y vois suffisamment de sang pour faire un boudin pour 15 personnes. La vision du sang est (sur)exploitée par le cinéma, et comme n’importe quel élément visuel, il est parfois utilisé à très bon escient (allez voir Sweeney Todd si vous n’êtes pas d’accord). Après, on doit faire attention à ce que les enfants n’aient pas tout les films sous les yeux, mais j’y reviendrai.
A la suite vient l’argument de la différenciation du réel et de l’image, très controversé. En ce moment je fais une pause « études » dans mon utilisation des jeux vidéo, et de toutes façons ça ne me motive plus vraiment de jouer, mis à part en multi joueurs. Mais j’ai retenu une chose de ma période gamer : jamais à aucun moment je ne me suis d’une quelconque manière identifié au personnage du jeu. C’était peut être parfois un défouloir gratuit, mais ça ne m’est jamais arrivé de m’exciter devant l’écran comme il m’arrive de m’énerver dans la réalité, ni même de croire que les personnages étaient autre chose que des images tirées d’un programme. C’est peut être ça que les associations de familles n’ont pas encore compris : les enfants savent que ce n’est pas la réalité. C’est une affirmation qui ne fait pas l’unanimité mais ma réflexion personnelle m’amène à elle en toute bonne foi. Ce qui serait marrant, ce serait que les parents de ces associations de famille fassent quelques frags. Je ne pense pas que le jeu les passionnera mais je serai curieux d’entendre quelqu’un me dire qu’il a ressenti des pulsions meurtrières pendant le jeu. C’est peut être un peu moins flagrant chez certains joueurs mais le jeu vidéo est un jeu, on ne se prend pas plus pour un tueur à gages en jouant à Hitman qu’on ne se prend pour une bille en jouant au flipper.
Pour finir, voyons un peu ce que disent nos amis joueurs des événements de Columbine. Les jeux vidéo ont-ils réellement rendu fous ces 2 jeunes garçons au point qu’ils chopent l’envie de buter leurs camarades au tech-9? Ce qui me semble évident, c’est que quand on compare le nombre de jeunes qui ont taquiné du démon sur Diablo 2 et le nombre de malades qui décident d’amener leur automatique au lycée pour esquiver le devoir surveillé en Histoire Géo, on doit bien reconnaître une chose : les envies de meurtre ne sont pas le privilège de tout le monde. C’est là que tout le monde n’est pas d’accord, est-ce que ces jeunes ont craqué à cause des jeux violents? A l’heure actuelle, personne n’en sait rien (en tout cas, si quelqu’un sait, il s’est montré très discret). Regardez donc Bowling for Columbine et vous verrez que Littleton est un lieu plutôt bien fréquentée par les sociopathes en tout genre, et tous ne sont pas fans de jeux vidéo. Je pense personnellement qu’il faut quelques « pré requis » pour craquer comme ces jeunes l’ont fait, et que les jeux vidéo n’ont été que le déclencheur et pas la cause de cette crise.Comme vous le voyez, on a peu d’arguments clairs en faveur des jeux vidéo, c’est essentiellement dû au fait que la plupart des joueurs se tape un peu de ce débat, parce qu’ils ne croient pas aux effets néfastes et qu’à mon avis ils seraient bien peu à arrêter même si la nocivité des jeux violents étaient prouvée (il suffit de voir le nombre de fumeurs qui continuent malgré les mises en garde). Mais est-ce que l’argumentaire est vraiment mieux affûté dans l’autre camp?
Kids learn to kill
Les ennemis du jeu vidéo sont déjà nombreux, mais les opposants aux jeux vidéo violents sont carrément légions. Ont-ils raison de s’inquiéter pour la santé mentale des enfants accros à Counter Strike, ou sont-ils aveuglés par leur instinct maternel et attaquent ils par réflexe de pauvres jeux innocents?
Commençons par le commencement : la violence saimal. Tout ce sang, toutes ces armes, toute cette haine, tout ces polygones déversés dans la cervelle des petits bouts de chou forment un mélange un peu instable. On en revient au problème de la confrontation à la violence chez les bambins. Si vous voulez mon avis, il vaux mieux suivre correctement les recommandations (de mon temps on appelait ça le code PEGI, mais ça a p’têt’ encore changé de nom…) et ne pas laisser un gosse de 10 ans jouer à charcler du terroriste/démon/alien/innocent (mais pourquoi pas du ver de terre). Je suis contre la censure mais là c’est différent. Et je pense qu’on peux faire confiance au CSA (« pour un monde mieux anesthésié ») sur ce point.
Deuxièmement, les associations de familles tirent la sonnette d’alarme : la délinquance juvénile depuis 1972 (l’apparition des jeux vidéo, oupa) augmente de manière inquiétante, de même que la consommation de drogue. Certains y voient l’influence diabolique d’Atari. Là on a quand même un peu trop de mauvaise foi qui traîne. Accuser les geeks qui sont accros aux jeux vidéo de relancer le marché de la drogue, faut pas déconner (souvenez-vous : « winners don’t use drugs »), et c’est presque pire de les prendre pour des délinquants… L’abus de Painkiller ne semble pas la cause de cette remontée de la violence. Une utilisation intensive des jeux violents (comme de n’importe quel média dont le support est un tube cathodique) est responsable de beaucoup de soucis (vue qui baisse, alimentation improbable, perte de vie sociale…) mais pas vraiment de la violence du quotidien. « Mais alors, te dit tu, cher lecteur (je lis dans tes pensées, t’as vu). Qu’en est il de ceux qui jouent aux jeux vidéo sans atteindre le niveau des no-life, ne sont-ils pas soumis à des effets néfastes ? »

FATAL ERROR E483735574993 Votre débat est dans l’impossibilité de continuer
On entre dans la deuxième phase du débat : la phase mauvaise foi. Pour avoir fait des recherches internettesques plutôt approfondies, je peux vous dire que j’ai trouvé un nombre incalculable de sites qui parlent d’expériences irréfutables, de tests scientifiques et autres travaux de laboratoire sensés prouver que les jeux vidéo ont différents effets néfastes sur les jeunes (comportements violents, prédispositions à la schizophrénie, tendances sadiques, soif de sang de bébé…) et j’ai dû constater que pas une personne n’est capable de citer ses sources. Cherchez vous-même et vous verrez qu’on ne trouve que des « j’ai lu qu’une expérience aux Ét « il parait que des chercheurs… » ou encore « le beau-frère de mon voisin du dessus a entendu parler d’une étude très sérieuse… ». Bref, pas une seule personne n’est capable de dire de quelles sources elle tire ses infos. C’est effarant, surtout que certains affirment que ces expériences sont sérieuses et irréfutables, mais comment les croire? Et le phénomène marche dans les 2 sens, les pro-jeux vidéo sortent eux aussi des expérimentations mystères de leur chapeau, sensées prouver l’inoffensivité des jeux violents. On nage dans le grand n’importe quoi, même sur les sites les plus sérieux.
Parfois on trouve même des expériences carrément pas crédibles, ou visiblement mal réalisées. Dans une école où on aurait (j’emploie le conditionnel car encore une fois on ne sais pas d’où l’info vient…) interdit aux élèves les jeux vidéo, on aurait constaté une baisse des bagarres, vols et autres phénomènes. Mais on apprend que le directeur aurait dans un même temps fait interdire les divers jouets des enfants (cartes Pokémon, Bey Blades, crans d’arrêt, et autres objets échangés dans les cours de récré). Protocole pas respecté, autant dire que l’expérience entière ne prouve rien.
On trouve aussi des textes entiers basés sur des suppositions comme« les images de violence génèrent forcément la violence », et d’autres énormités comme « les jeux où on doit se servir d’une arme sont tous sponsorisés par l’armée pour que les enfants commencent à en apprendre l’usage », «Columbine prouve qu’il f« dans les jeux vidéo, on tue son adversaire en le regardant dans les yeux. Même les nazis ne regardaient pas leurs victimes dans les yeux avant de les exécuter ».aut interdire les jeux violents, pas qu’il faut limiter la vente d’armes ». et même
Personnellement, je n’ai pas encore trouvé une seule preuve que des expériences sur l’influence des jeux vidéo violents ont été tentés. Ça doit être le cas, mais je ne peux ni vous dire qui les a réalisées, ni même quels furent exactement les résultats. Ça me sidère car c’est un point vraiment important du débat et que les 2 opposants ne cessent d’en citer. Le débat sur la violence dans les jeux vidéo n’est pas prêt de progresser avec des méthodes semblables, et si comme moi vous avez choisi de faire ça comme sujet d’exposé d’ Éducation Civique, vous allez vous ramasser une sale note…
Substantifique moëlle de ma réflexion personnelle
Une fois que chaque camp a exposé son opinion, que reste-t-il? Pas grand-chose puisque apparemment personne n’est vraiment capable de donner des arguments sérieux. Je vais quand même me permettre de donner mon avis personnel (je suis sur mon blog après tout). Je ne suis ni psychologue, ni spécialiste des jeux vidéo (d’ailleurs je ne sais même pas s’il faut un « s » à vidéo…) mais je pense m’être fait une idée du phénomène.
Je ne pense pas que Hellgate London et compagnie soient aussi néfaste pour les jeunes que les parents le croient. J’ai joué à Dungeon Keeper des heures entières et je ne pense pas pouvoir être considéré comme un psychopathe (ceux qui disent le contraire sont des menteurs, ils paieront). Ce qu’il faut garder en tête selon moi, c’est que les jeunes enfants sont influençables, mais qu’à partir d’un certain âge ils commencent à être capables d’assister à un spectacle gore sans que leur fonctionnement ne soit bouleversé. Il y a déjà un système en place pour aider le contrôle parental et je ne vois pas de raisons de faire du zèle. La confrontation ne règlera aucun problème puisqu’un enfant pourra toujours trouver tout son soul de spectacle violent quel que soient les précautions des parents. Alors Pôpas et Mômans qui me lisez, laissez votre enfant se gaver de Unreal Tournament s’il le désire. S’il est sain d’esprit, ce n’est pas un jeu qui le rendra malade, et si c’est un sociopathe, le pire qui puisse arriver serait qu’il craque et mette le feu à ses camarades de classe. C’est toujours mieux que si c’était vous.
Sourçation
Moult sites sur le sujet (si vous trouvez des sites qui citent leurs sources, merci de me les faire suivre, ça m'intéresse quand même) :
http://www.media-awareness.ca/francais/parents/jeux_video/inquietudes/violence_jeux.cfm
http://www.pcinpact.com/actu/news/Le_cerveau_reagit_a_la_violence_dans_les_jeux_vide.htmhttp://www.sur-la-toile.com/article-793-Pas-de-lien-entre-jeux-video-et-violence.html
http://www.generation-nt.com/etude-jeux-video-recherche-magazine-scientifique-psychology-crime-and-law-jeunes-instables-violence-actualite-23685.html
Comme vous le voyez on a des expériences pour, des expériences contre, et pas une seule source sérieuse.
Et mes sources de liens
http://gougoule.com/
http://www.kamazutra.be/
http://black-joker2.skyrock.com/
Remerciation
Nico, pour avoir l'idée de ce sujet
Ma prof d'ECJS, pour ne pas nous avoir dit de nous arrêter dans notre élan (et nous avoir saqué quand même en fin d'exposé en nous suggérant de mieux choisir la prochaine fois...)
Mon Pôpa, pour m'avoir fait chier avec GTA 3